Le bombyx cul brun

( Euproctis chrysorrhoea L.)

Chenille sur arbousier

La chenille de ce papillon est à l’origine de dégâts souvent spectaculaires dans les zones tempérées européennes.

Ravageur polyphage des feuillus, cette chenille peut s’attaquer à de nombreuses espèces forestières, fruitières ou ornementales. Elle est également redoutée pour les urtications et les allergies qu’elle peut provoquer chez l’homme ou les animaux.

BIOLOGIE

Ce lépidoptère a un cycle biologique de développement d’un an, interrompu par un repos hivernal, la diapause.
Les papillons de couleur blanche volent en juin-juillet ; ils portent à l’extrémité de leur abdomen une touffe de soies brun-roux ( d’où le nom du cul brun). De moeurs essentiellement nocturnes, ils sont attirés par les lieux éclairés. En début de pullulation, ils manifestent une nette préférence pour les peuplements de faible densité, les lisières, les haies, les bosquets…

 papilloncb2.jpgun papillon en mai

Les pontes, recouvertes de poils bruns de l’extrémité de l’abdomen, sont déposées en été sous les feuilles. Elles donnent naissance après environ trois semaines aux larves du premier stade. Celles-ci, comme lors des stades suivants, sont grégaires. Pour s’alimenter, elles décapent les feuilles qu’elles recouvrent d’un léger tissage soyeux.

Le développement larvaire et la consommation encore discrète du feuillage se poursuivent pendant l’automne, période à laquelle les chenilles construisent leur nid d’hiver en rassemblant par des tissages les feuilles terminales des branches.

260107nidsb.jpg

Après l’arrêt de leur alimentation, ces nids d’hiver abriteront les larves du 3ème stade pendant leur diapause hivernale. Les nids soyeux de couleur brun-gris, situés à l’extrémité des branches, sont facilement repérables pendant l’hiver ; ils peuvent contenir plusieurs centaines de chenilles.

Cycle

Au moment du débourrement des arbres (mars-avril de l’année suivante), les chenilles reprennent leur activité et poursuivent leur développement larvaire. Au 4ème et 5ème stades, elles atteignet 3 à 4 cm de longueur et consomment activement le feuillage de l’année. Elles ont alors leur livrée caractéristique : fortement velues, de couleur brune avec deux lignes latérales blanches et uns discrète bande médiane rouge ornée de deux verrues orangées.

Au terme de leur développement (mai-juin), les chenilles se transforment en chrysalides dans un cocon rudimantaire constitué de quelques feuilles agglomérées dans le houppier.

Une chrysalide de cul brunUne autre chrysalide de cul brun

DEGATS

Les chenilles du bombyx cul brun sont polyphages. Elles se développent au dépens de trés nombreuses espèces forestières, bocagères, fruitières et ornementales. Des dégâts limités observés en fin d’été peuvent annoncer une attaque spectaculaire au printemps suivant. Les chenilles dévorent alors, de mars-avril à mai-juin, feuilles, bourgeons et fleurs des arbres et arbustes.

Lorsque les populations augmentent, ce sont surtout les peuplements ouverts ainsi que les lisières et les haies qui offrent les sites les plus attractifs. Par contre, en phase de culmination, tous les types de boisements peuvent être colonisés. Généralement, les pullulations durent de deux à trois années puis les populations s’effondrent brusquement.

Les défoliations même totales ne provoquent pas la mortalité directe des arbres. Une refeuillaison est généralement observée dès l’été. Toutefois, elles peuvent détruire les fructifications et compromettre des régénérations ou des jeunes plantations.

Les sujets affaiblis ou susceptibles de subir des défoliations successives peuvent devenir vulnérables aux ravageurs et aux maladies. Par exemple, les repousses estivales des chênes fortement défoliés au printemps peuvent être contaminées dans le courant de l’été par l’oïdum, si les conditions climatiques sont propices.

De plus, l’abondance de chenilles munies de poils urticants peut être à l’origine d’urtications ou d’allergies chez les personnes sensibles, les animaux domestiques et le bétail.

 VARIATION ET SUIVI DES POPULATIONS

Les populations du bombyx cul brun passent par des pics de culmination au cours desquels l’insecte pullule rarement plus de deux à trois ans.

Au cours de cette phase, des défoliations intenses peuvent s’étendre sur de vastes régions.

Entre deux culminations, généralement espacées de sept à dix ans, l’insecte devient rare (état endémique). Ces fluctuations dépendent de nombreux facteurs agissant sur la multiplication et la survie des populations. LEs plus importants semblent être la qualité et la quantité de la nourriture, les conditions climatiques et le cortège d’ennemis naturels actifs à chaque stade de développement de l’insecte (ponte, chenille, chrysalide, papillon).

La rehcerche et le dénombrement des nids d’hiver permettent d’évaluer approximativement la densité locale des insectes, et de prévoir par grandes zones les risques de défoliation au printemps suivant.

LA LUTTE

La lutte n’est ni nécessaire ni souhaitable dans tous les cas

Elle ne doit, en effet, être envisagée que certaines années et dans certaines situations. La bonne connaissance du cycle évolutif local de l’insecte est alors déterminante pour intervenir au bon moment, c’est-à-dire sur les stades les plus sensibles.

La lutte a pour objectif la protection des zones les plus fragiles en contenant dans des limites acceptables les invasions du ravageur. Elle n’a pas pour but de détruire tous les insectes et ne permet pas d’éviter de nouvelles pullulations.

– en forêt de production, une intervention dans les jeunes plantations et à leur périphérie immédiate peut être mise en oeuvre lorsque les défoliations peuvent compromettre leur avenir. De même, lorsque l’on cherche à protéger des fructifications en vue d’une régénration naturelle, il peut être nécessaire de prévoir une action curative.

– en forêt péri-urbaine et dans les zones agricoles fréquentées par le public et/ou les animaux, l’aspect inesthétique des arbres défeuillés et les urtications provoquées par les chenilles peuvent justifier des décisions de lutte.

En cas d’attaque ponctuelle sur des arbres de faible dimansion et facilement accessibles, il est possible de lutter mécaniquement (échenillage sur jeunes arbres ou broyage sur haies basses), en détruisant les nids durant l’hiver. Il faut alors se protéger des risques éventuels d’urtications. Si cette solution est inadaptée, un traitement par voie terrestre ou aérienne à l’aide d’un insecticide peut être envisagé.

En forêt, ce type d’intervention ne doit être choisi qu’en cas de nécessité absomue : en effet, les surfaces envahies, le coût et les effets de ces interventions dans un milieu riche et complexe qui favorise l’autorégulation des populations, doivent conduire à n’intervenir qu’avec des produits ayant une bonne sélectivité et une efficacité réduite dans le temps.

Plaquette « Le bombyx cul brun », Direction de l’espace rural et de la forêt, Département de la Santé des Forêts, Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, 2e trimestre 1994. Document réalisé en collaboration par le Dépatement de la Santé des Forêts et l’INRA

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